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Épisode 13 : À qui le tour ?

Vous savez peut-être que dans les hôtels, il n’y a pas de numéro de chambre contenant “13” (113, 213…) parce qu’il parait que le numéro 13 porte malheur ! Alors je dédicace cet épisode à tous les Superstitieux ! 😉

Et puis, à l’inverse On dit que le Vendredi 13 porte chance. C’est pour ça qu’en France, chaque vendredi 13 le Loto double la mise ! Moi j’ai jamais gagné à ce jeu-là et il paraît que « On » c’est un con ! Ceci explique cela ! La plaisanterie a assez duré…


Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans cet épisode numéro Treiiiiiiiiiiizee ! 😉

Quitte à parler de Loto, alors on va parler pognon dans cet épisode ! Parce que se trimballer la fleur au fusil, vadrouiller d’un pays à l’autre, vagabonder d’arbre en arbre, bader les cascades, faire le clown au bord de la route et j’en passe… SANS BOSSER pendant 7 mois !!! (Ah ouai quand même !) combien ça coûte ? Une fortune ?

Voici quelques indices :

–          2 Français ont fait le tour du monde sans un centime

–          Se loger grâce au Couchsurfing ou trustroots ou workaway c’est gratuit

–          Se déplacer en « tapant le pouce » c’est gratuit

Donc : pas un centime + gratuit + gratuit = pas grand-chose.

Mais dans mon cas, ça m’a coûté combien de rien branler pendant 7 mois ? Tout inclus (visas, nourriture, loisirs, hébergements, activités, déplacements, téléphone) presque 6 000€, Vous pouvez soustraire 2000€ concernant les gros déplacements en avion si vous voulez vous rapprocher du coût au quotidien.

Pendant une discussion avec une copine qui fume, elle me demandait d’où je sortais cet argent alors on a fait un petit calcul simple. Un paquet de clopes, c’est 7€ environ. 1 clope par repas + aux pauses café = 5/ jour donc en une semaine = 35 clopes donc en un an = 1820 clopes. Il y a 20 clopes / paquet donc 1820/20 = 91 paquets x 7€ = 637€ qui partent en fumée par an… Autant faire comme Gainsbourg :

  Dans 10 ans = 6 370€… C’est plus que mon budget voyage. CQFD

Ça c’était pour l’intro.

Par ce voyage, j’ai pu observer que l’expression « le temps c’est de l’argent » se confirme.

Chercher un logement sur Couchsurfing, faire de l’autostop etc… ça prend beaucoup et parfois beaucoup beaucoup beaucoup de temps mais dans mon cas, ça en vaut la peine, vis-à-vis de l’expérience humaine que je recherche à travers mon voyage.

Un hôtel, un taxi : un coup de carte bleue et PAF, c’est réglé ! Mais peu d’opportunités de rencontrer les gens, les locaux, de se rapprocher de la vie authentique du pays visité, peu de chances de m’enrichir de toutes ces expériences humaines. Donc la « chance » je l’ai accrue par mes choix.

L’argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue un peu quand même hein ?! Alors par ce que j’ai vécu, il me semble que plus le budget est gros, moins le voyage est aventureux (au sens baroudeur du terme), proche de l’authenticité et des gens.

Avant mon voyage, j’étais réglé par le quotidien qui, en gros, se résumait à « Boulot, vélo (oui, j’allais au boulot en vélo), loisirs, dodo », factures à payer pour tout ça. Réglé par mon quotidien au travail de 8h à 18h, mes loisirs planifiés dès la rentrée, mes déplacements prévus plus ou moins à l’avance, les « gonzesses », etc… etc… et tout ceci apportait son lot de satisfaction, oui j’étais heureux de vivre ainsi et, au moment où je vous écris ces lignes, je m’y replonge tout doucement.

Avec un emploi du temps tellement bien occupé, surtout par le travail, et en restant sur place, il ne restait pas trop de place pour m’offrir une aventure… enfin… à part les week-ends en solo pendant lesquels j’allais faire chauffer les semelles de mes chaussures sur les pistes de danse de Barcelone mais là aussi, j’étais limité ! Limité par le temps parce que lundi mes « obligations » m’attendaient : boulot, vélo, loisirs, dodo. J’ai toujours été très satisfait de mes week-ends à Barcelone et j’y reviendrai probablement pour faire virevolter quelques danseuses 🙂

Vous lisez mes aventures depuis plusieurs mois et certains d’entre vous m’ont dit « Julien, tu vis 100 fois plus de choses que nous en si peu de temps ». Oui, et en plus, ces choses sont extraordinaires au sens littéral du terme. D’ordinaire, je n’allais pas au boulot en auto-stop, je ne me rendais pas sur le lieu de mes loisirs en tyrolienne, je n’allais pas faire mes courses en pirogue motorisée et je n’atterrissais pas dans le jardin de ma copine en parachute ! Tout ce que j’ai vécu sortait de l’ordinaire donc extra…ordinaire. Ce voyage était aussi « extraordinaire » au sens formidable du terme, bien évidemment ! 😉

Pendant cette belle expérience, j’ai pu observer que lorsque le temps est planifié, cela réduit aussi les chances de me retrouver dans des situations inattendues. Lorsque je planifie peu ou que je ne réserve pas de loisirs en payant d’avance, je me laissais le choix, lors d’un moment opportun, de changer les plans. Il n’y a plus de « Au purée, j’ai ça à faire ! » , « Ah zut, il fait mauvais et j’ai réservé, ça tombe mal », « Ah c’est dommage, ils étaient sympas ces gens, je serais resté plus longtemps à sympathiser, mais dans 10 minutes, j’ai mon bus pour…. Bla bla bla… », « Merde ! quelle heure il est ? », « il faut que je me couche tôt parce que demain j’ai ça, après-demain j’ai ça et dans 3 jours j’ai ça, il faut que je recharge les batteries avant d’y aller »  STOOOOOOOOP !!! NON ! NON et NON ! C’est fini tout ça ! 🙂

On est détendu parce qu’on peut être à l’écoute et laisser de la place à l’imagination, le ressenti, l’instinct, parce qu’il n’y a pas de limites à ce qu’on est en train de vivre sauf :

–          une limite que l’on se donne : sociale, sentimentale, éducative, culturelle, etc…

–          une limite physique. Exemple: trop petit pour choper le pot de confiture que votre petit frère, qui fait une tête de plus que vous, a eu l’excellente idée de percher à la dernière étagère (petite dédicace à mon frère 😉 )

Ça aussi c’est une chance qu’on peut s’offrir : se donner le temps et pas besoin d’un gros budget pour ça : à la base, le temps, ça coûte très exactement 0€ / seconde. Il me semble que tout le monde est égal face au temps : 24h /jour.

Il n’y a que l’argent qui peut donner un coût au temps comme par exemple : « cet appel vous coûtera 36 centimes par minute ! » J ou réserver un hôtel ça prend 5 minutes mais ça coûte 35€/nuit.

Mais avec 35€, je peux faire à manger pour mes hôtes de couchsurfing ou leur payer un coup à boire. C’est un choix et le dernier choix, à mon goût, est vachement plus fun ! Et quand je vous raconte mes aventures avec mes hôtes, vous trouvez ça chouette aussi J

Quand je suis en voyage, je fais le choix de ne pas regarder le temps passer et je me retrouve donc dans des situations qui sortent de mon ordinaire. Je fais par exemple face à des situations étranges qui sont banales pour ceux qui les vivent au quotidien ou des situations embarrassantes etc… et sur qui dois-je compter pour y faire face ou m’adapter ? Moi-même ! Face à moi-même : « Alors Julien, tu fais quoi là ? hein ?! »

Après coup, quand je suis tranquillement allongé dans mon lit avant de m’endormir et que je me remémore ce qu’il s’est passé, je me dis « purée c’est quand même pas mal tout ça ! »

Bien que j’aie déjà fais l’expérience d’une aventure solo en partant à Londres un an sans savoir parler Anglais, ça restait un pays développé comme la France. Avant de partir en Asie, je pensais me connaître par cœur et en fait, QUE DALLE !! Je pense que vous et moi sommes farcis de ressources encore inexploitées et surprenantes !

L’une des plus belles choses que je peux vous offrir aujourd’hui c’est ce conseil, si vous en avez envie : VOYAGEZ seul BORDEL ! 😉 Mais pas voyager du genre Prout Prout dans un autocar qui vous trimballe loin des recoins inexplorés ! Non non non ! Voyagez sans planifier, sans limite de temps (ou très très large) avec un petit budget, comme vous l’avez peut-être remarqué pendant mes aventures, je vous invite à faire confiance aux autres. Nous sommes tous nés gentils, généreux et ouverts d’esprit. Non ? Vous connaissez un bébé qui est né méchant, radin de sourires et qui n’absorbe rien de ce qui l’entoure ? Après, les gens changent avec le temps, selon la culture, l’éducation, leur vécu etc…

Alors, on me dit parfois « oui  mais si je voyage seul je ne peux pas partager ce que je vis et je trouve ça dommage » Mouai, vous pouvez toujours prendre le temps d’écrire vos aventure par exemple pour partager. C’est par la rédaction détaillée de mes épisodes que je partage mon aventure avec vous. Vous n’êtes pas physiquement avec moi lorsque ça se passe mais j’essaye de détailler suffisamment mes articles pour que vous puissiez imaginer y être.

Il me semble que, même si on voyage à 2 ou plus, un moment qui a été agréable pour tout le monde sera perçu de manières différentes par chacun. Chacun y apportera un degré d’importance différent, chacun apportera une attention différentes sur chaque choses, chacun l’aura vu d’un angle différent, chacun l’aura ressenti différemment etc… même si, pour tout le monde, c’était un très bon moment. En tous cas, si vous n’êtes pas dans l’état d’esprit de voyager seul, vous aurez probablement cette sensation désagréable qu’il manque quelque chose ou quelqu’un, votre esprit trouvera toujours une excuse pour vous pourrir le voyage solo. Voyager seul, ce n’est pas un choix égoïste c’est, à mon humble avis, une expérience, une aventure que j’avais à faire, à un moment donné dans ma vie. J’ai décidé de partir parce que j’en avais vraiment envie, parce que je le ressentais, parce que j’étais convaincu que ce serait superbe.

Si ça intéresse certains d’entre vous, je me permets de vous donner quelques ingrédients pour faire l’expérience d’une belle aventure:

–          Donnez-vous plusieurs mois ; à mon avis, 6 mois c’est bien et d’un autre côté, dans une vie, c’est pas grand-chose

–          Si vous pouvez, partez dans l’état d’esprit que quoi qu’il se passe, tant que ça n’affecte pas votre état de santé, ce n’est pas important

–          Vous ne serez pas vraiment seul puisque, vous devrez forcément aller à la rencontre des gens pour demander un renseignement par exemple et parmi ces gens, il y en a qui deviendront vos potes, vos amis, vos compagnons de voyage pour quelques heures, quelques jours ou bien plus encore.

–          La seule chose qui peut manquer c’est de l’eau si vous n’avez pas vérifié la quantité qu’il y avait dans votre gourde avant de partir ! 😉

–          Celles et ceux qui vous apprécient / considèrent / aiment, respecteront votre choix et seront toujours là pour prendre quelques nouvelles en aparté, pour laisser un petit mot auquel je réponds volontiers. 🙂

En écrivant ces lignes, ça me fait penser à une vidéo :

et les 4 postures dont le mec parle dans cette vidéo sont, de près ou de loin, transposables/applicables à l’état d’esprit du voyage « solo » dans une échelle plus petite, plus simple.

Ce que j’ai apprécié durant mon voyage, c’est que je ne dépends de personne, j’assume mes propres choix, personne ne jugera mes choix, je ne dépends pas de l’état psychologique ou physiologique, des goûts ou des préférences de quelqu’un d’autre, je me laisse guider par l’intuition (sensation que j’avais du mal à cerner avant), je me laisse porter par mes choix, je me confronte à mes propres choix. Personne, absolument personne n’interfère/n’influence mes choix. J’ai appris que la vie est une succession de choix et quand on fait face à un problème, tant que la vie n’est pas en danger, ce n’est plus « un problème » mais « une aventure », un « défi ».

Quand j’ai un doute, je me demande: « si je fais (ne fais pas) ça, le regretterais-je plus tard ? Si cette opportunité ne s’offre à moi qu’une fois, regretterais-je plus tard de l’avoir laissée passer? » c’est par ces questions que j’ai chamboulé ma vie professionnelle et je ne le regrette pas, c’est aussi par ces questions que j’ai chamboulé mes plans au Myanmar et je ne le regrette pas non plus, c’est par ces questions que je décide de rester plus longtemps là, et moins longtemps ici…

Rien n’est parfait, c’est une question d’équilibre et de choix. Si vous me trouvez chanceux d’avoir vécu tout ça, c’est une chance que je me suis offerte grâce à une succession de choix. Probablement que vous pouvez en faire autant que moi ou plus ou moins, on s’en fiche c’est pas une compétition. Je suis parti de la même chance que vous : être né dans un pays développé qui me donne droit à un passeport pour franchir presque n’importe quelle frontière.

Là, je marque un temps d’arrêt, je me remets à bosser, pour remplumer mon compte en banque et puis… on verra. J’ai plein de rêves et le voyage en fait partie.

Une parenthèse :  Une mère et sa petite fille qui partent en voyage : http://voyagerloin.com/mere-nature-et-son-enfant-sauvage-elle-traverse-l-amerique-avec-sa-fille-sur-le-dos.html

J’ai lu cet article d’un couple qui est parti en long voyage avec un bébé : http://www.madame-oreille.com/blog/index.php/voyager-avec-un-bebe-1-an-16-avions-37-trains-et-plus-de-60-000-km-plus-tard/

Si vous avez besoin de conseils ou si vous avez des questions, n’hésitez pas, je me ferai un plaisir de faire de mon mieux pour vous aider.

En tous cas, grâce à ce voyage, je me trouve beaucoup plus positif qu’avant ! 🙂

Ça fait rêver ? Alors, à qui le tour ?

A bientôt ! 🙂

P.S : Merci beaucoup à Adeline pour ses conseils bienveillants pendant la rédaction de cet épisode.

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